Société d'Histoire et d'Archéologie de Haguenau
 

Le houblon avant le festival

 

Les visites guidées estivales organisées par l'office de tourisme ont du succès. Celle "Autour du houblon", vendredi en fin d'après-midi, a permis de découvrir pourquoi Haguenau est appelée "La cité du houblon". « En ce moment se prépare la Festival du Houblon, introduit Marthe Stiefel, vice-présidente de la Sté d’Histoire et d’Archéologie de Haguenau, il doit bien y avoir un lien avec le houblon ! » A ses côtés, un autre passionné de patrimoine, le président Richard Weibel. Des touristes venus de Champagne, de Rhône-Alpes et même du Maryland (États-Unis) ont savouré. Car même sous la chaleur étouffante et en cherchant l’ombre le long des édifices et des ruelles, la quarantaine de participants s’est laissé simplement emporter par la passion de la guide. Sur le chemin de la Halle aux houblons, les premiers essais de culture du houblon à Oberhoffen par le pasteur Ehrenpfort (fin XVIIIe siècle), l’introduction de sa culture par François Ignace Derendinger, les premières houblonnières en 1808, le houblon prenant la relève de la garance en fort déclin au début du XIXe siècle - Haguenau en avait le monopole et surtout à partir de 1863, le marché du houblon se tenant chaque mardi et vendredi, du 1er octobre au 31 décembre. Première halte devant la halle construite en 1867 sur les plans des architectes municipaux Guntz et Stoll, son entrée principale surmontée d’un buste de femme, d’un cartouche daté 1867, de la rose de Haguenau et… de plants de houblon.« Les expositions de 1867, 1874 et 1912 ont vu venir des houblonniers et des brasseurs d’Angleterre, d’Autriche, de Bade, de Bavière, de Belgique, d’Italie, de Prusse, de Suisse et de nombreux départements français. » Extension en 1881, construction en 1908 d’une halle supplémentaire de 570m², l'actuelle salle des Corporations.

 

On soufrait le houblon pour pouvoir le conserver

Découverte singulière dans la cour de la graineterie Schletzer, devant un premier ancien séchoir à houblon : un soufroir, un four à soufre, "on soufrait le houblon pour pouvoir le conserver".
De celui de la rue des Roses ne subsiste plus que la base de l’impressionnante cheminée. Par contre, l’imposant séchoir à briques rouges trônant entre la rue de la Mare aux Canards et la rue de la Mos est remarquablement conservé, la cheminée étant en l’état. Haguenau était bien une ville à cheminées. « Il suffisait de regarder des photos aériennes de la ville, indique Marthe Stiefel, on y distinguait énormément de cheminées construites sur les séchoirs à houblon. Et on chauffait au coke ! » Et la guide de citer une phrase de Jean-Paul Grasser, l'historien de Haguenau: " Si les pierres de l'église St Georges sont aussi noires, c'est à cause des excédents de souffre! "

 
Le houblon avant le festival
Le houblon avant le festival

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